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Avec Navision 4.0 Microsoft invente l'ERP transversal pour les PMEPas de défilé pour Navision, le podium se jouera à l'arrivée. Première version majeure présentée par Microsoft Business Solutions depuis le rachat de l'ERP, mais surtout premier lancement avec la perspective d'un segment de marché particulièrement dynamique qu'il s'agisse des ERP ou du cœur de cible.
Si le projet de convergence vers un produit unique n'est certainement pas pour demain la convergence de l'ensemble des produits Microsoft vers une plate-forme unique est particulièrement d'actualité. Cette politique a été appliquée à la version 4.0 de Navision « l'évolution des produits vers les technologies Microsoft, garanti le potentiel d'intégration entre nos solutions (serveur, bureautique..), mais aussi l'intégration des différents modules, point non négligeable dans le cas d'un ERP. Par ailleurs, les bénéfices de cette politique se poursuivent également dans l'évolution des développements spécifiques réalisés par nos partenaires intégrateurs qui peuvent ainsi capitaliser sur leur travail ou encore dans la traçabilité des versions » développe Nicolas Coudière, responsable marketing de Microsoft Business Solutions.
Pour mémoire, l'offre Microsoft Business Solutions s'articule entre deux progiciels de gestion intégrée (PGI ou ERP) Navision et Axapta, et un progiciel de gestion de la relation client : Microsoft CRM. Si les deux premières solutions partagent le même acronyme, chacune œuvre sur son propre marché : Navision vise les entreprises de 100 à 500 salariés tandis que Microsoft Axapta intervient sur la tranche supérieure des PME de 500 à 2000 collaborateurs. Navision versus Microsoft
Pas de révolution au programme de cette nouvelle version, mais cinq grands chantiers d'amélioration : la refonte complète de l'ergonomie, de nouveaux outils d'analyse et de reporting, l'apport d'outil de communication et de notification, la réduction des coûts de possession et enfin l'amélioration des processus de gestion.
:: Une ergonomie intuitive et paramétrable
La nouvelle interface de Navision est en tous points calquée sur celle de Outlook 2003, au point de s'y perdre parfois et de ne plus savoir qui de Navision ou de Outlook est à l'écran. Et ce sentiment est particulièrement représentatif de la contiguïté à laquelle est parvenu Microsoft entre les environnements Navision et Office.
Toutes les données de l'entreprise sont intégrées à Navision, il est donc possible de naviguer dans celles-ci, de les exploiter, de les tracer, sans jamais quitter l'ERP. Enfin, l'intégration avec l'environnement Office ouvre des possibilités de synchronisation de mail, de tâches, de calendrier (rendez-vous client, réunion…), de contacts ou encore la réalisation de tableaux croisés dynamiques. La reconnaissance des données se fait par l'intermédiaire des balises actives. :: Nouveaux outils d'analyse et de reporting
Comme il est devenu évident à tous que tout ou partie des fonctions de production a besoin de son complément analytique et que les PME n'échappent ni au jeu de la concurrence ni à celui de la rentabilité, les fonctions d'analyse de Navision ont été amplement renforcées, notamment par la représentation graphique des données. Attention toutefois, ce domaine impose l'intervention d'un intégrateur ayant une très bonne connaissance des systèmes décisionnels, il s'agit d'être particulièrement attentif à la conception du cube.
L'intégration poussée de Navision avec SQL Server Analysis Services permet à ce premier d'assurer la conception et la mise à jour des cubes. L'utilisateur reste en terrain connu et maîtrisé : Excel, tableaux croisés dynamiques, à la seule différence que son intervention se limite au choix des critères d'analyse. Il peut également plonger dans le détail des données sources ou encore procéder à leur consolidation dans un contexte multisociété. :: Communication, notification et alertes
Tout est envisageable de l'alerte sur les niveaux de stock, à une communication inter-site ou inter-société. Le travail d'intégration entre les environnements Navision et Office trouve ici encore matière à expression : les notifications reprennent les informations concernant une commande par exemple ou transmettent un lien vers celle-ci. En circuit fermé (entreprise multisociété) une commande fournisseur émise sera automatiquement réceptionnée comme une commande client. La communication se fait aussi bien de base à base ou, dans le cas d'échange par mail, via un lien xml.
:: Réduction du coût total de possession
Navision 4.0 est accompagné d'un questionnaire client destiné à définir le plus automatiquement possible le paramétrage adéquat ; de pré-paramétrages verticaux destinés à réduire les temps de déploiement de l'ERP ou encore d'outils dédiés à la reprise des données.
:: Des processus de gestion améliorés
Les alertes et notifications exploitent l'effort d'amélioration porté par Microsoft sur la gestion des flux inter-sociétés. Un véritable bénéfice de l'aveu de Jean-Philippe Gras, président d'Interface Data - intégrateur historique de Navision et partenaire certifié MBS. Il est donc désormais possible de faire communiquer les différentes entités d'une organisation multisociété ou multisite, et ce qu'elle soit nationale ou internationale. Le reporting multisociété est également rendu possible. Enfin le module finance est également la cible d'amélioration, qu'il s'agisse des plans de compte internationaux ou encore de l'extension des fonctions de lettrage. Enfin, Navision fonctionne avec deux bases de données : la base propriétaire d'origine de l'ERP et SQL Server, avec une répartition approximativement équitable chez les clients.
Profil type
L'entreprise à laquelle s'adresse Microsoft Navision est une PME qui emploie entre 100 à 300 salariés. Son activité est indifféremment nationale ou internationale, elle peut être multisociété ou multisite et elle peut tout aussi bien être indépendante ou appartenir à un groupe. Le profil type va à une filiale de grand groupe, opérant sur cinq sites ou plus. Dans 80 % des cas, il s'agit d'une entreprise industrielle.
Selon Nicolas Coudière, « pour une bonne moitié, un ERP au sein d'une PME est caractérisé par une fourchette de dix à dix-neuf utilisateurs actifs et ce sur des fonctions telles que les achats, les ventes, les stocks, la comptabilité-finance, la gestion de production (pour 20 % des projets) ou encore le portail e-commerce pour 19 % des projets ». Concernant la tarification, les entreprises ont le choix entre deux solutions. La première prend l'utilisateur comme unité : de 1900 à 2500 euros HT selon l'amplitude fonctionnelle. La seconde est basée sur les fonctionnalités et leur sélection « à la carte ». Le coût par utilisateur est décrit comme faible et décroissant avec la montée en charge du nombre d'utilisateurs. Nicolas Coudière situe le seuil de bascule entre le premier et le second mode de tarification autour de trente utilisateurs. Enfin le budget moyen est estimé de concert par Nicolas coudière et Jean-Philippe Gras, président d'Interface Data, à hauteur de 150 000 euros (voir répartition ci-dessous), à 70 jours pour un déploiement standard et plus généralement dans une fourchette de un mois et demi à un an. Part Microsoft Business Solutions • Licence : 14 % • Maintenance : 14 % Part partenaire • Consulting et intégration : 53 % • Formation : 9 % • Support : 10 % Vu de la fenêtre d'un intégrateur
Interface Data, avec quelques vingt années d'expérience à son actif et une connaissance historique de Navision, constate le changement. Chacun reconnaît que beaucoup de fonctions présentées à l'occasion de ce lancement étaient déjà plus ou moins présentes dans l'ERP et dans des formes inégalement abouties. Toutefois Jean-Philippe Gras ne peut s'empêcher de souligner quelques points « nous avons enfin trouvé des réponses en standard, et particulièrement à travers la gestion multisociété. L'accès à la business intelligence était également une demande récurrente que nous allons pouvoir satisfaire. Bien sûr depuis la version 1.2 il était possible de descendre dans les données, mais via un important travail de copier/coller et avec beaucoup de limites dans le rafraîchissement des données. Nous avons accès au code source, c'est particulièrement important à notre niveau. Si je prends la notion de planning par exemple. Les améliorations sont notables mais restent insuffisantes pour les entreprises de service. Avec le code source, nous ne sommes pas limités. Enfin et au risque de faire tomber un mythe, nous avons été agréablement surpris par la stabilité de l'ERP par rapport à beaucoup de ses concurrents », conclut-il.
Le marché vu par IDC
Garant de l'optimisme de MBS, IDC voit donc un horizon favorable au marché de l'ERP. En effet, si en 2003 les revenus licences des éditeurs ont chuté de 20,6 % sur le marché français et de 13 % sur le cumul : ventes de licences, de maintenance et de services, l'année 2004 semble marquer un retour à la reprise. Selon le cabinet d'analyse, les revenus des éditeurs devraient progresser de 7,5 %, avec comme principal vecteur de soutien le marché des PME.
L'enquête IDC révèle non seulement un redémarrage des nouveaux projets mais également un développement des applications ERP déjà en place. Soit, pour les éditeurs, deux axes potentiels de croissance : l'un sur l'acquisition de nouveau client, l'autre sur la base installée (augmentation du nombre d'utilisateurs, déploiement sur des sites additionnels, migration vers de nouvelles version, extension fonctionnelle, comptent pour les principaux objectifs). Toutefois la reprise n'est pas homogène selon les segments d'entreprise, ni même selon les secteurs d'activité. La vente de licence sur le terrain des PME PMI montre deux dynamiques : la plus forte revient aux entreprises de 100 à 300 salariés dont la progression sur 2004 se place à 13 %, contre 6 % pour le segment de 300 à 2000 salariés. Perspectives providentielles pour Microsoft Business Solutions dont le cœur de cible avec l'ERP Navision s'inscrit particulièrement sur le marché des entreprises de 100 à 300 collaborateurs. L'optimisme est soutenu d'autant plus que les perspectives avancées par IDC indiquent que cette dynamique devrait encore s'amplifier sur l'année 2005. L'inégalité règne également entre les secteurs d'activité. La croissance concerne plus particulièrement, les services financiers, les prestations de services, le commerce de gros et de détail, le négoce, tandis que l'industrie - marché hier très porteur - semble faire une pause. Ligne de mire
Conforté par son exercice fiscal 2003-04, avec un chiffre d'affaires en croissance de 35 %, Microsoft Business Solutions ambitionne une croissance de 90 % entre 2004 et 2005, et une progression soutenue sur les trois prochaines années d'au moins 40 % par an. Le chiffre d'affaires de l'éditeur est à répartir entre les deux ERP et le progiciel de gestion de la relation client : Navision pour 60 % (avec 1100 clients) ; Axapta pour 30 % (avec 100 clients) ; Microsoft CRM pour 10 % du chiffre d'affaires et 100 clients. Nous restons sceptique sur la réalité de cette répartition, en particulier en ce qui concerne les 100 clients Microsoft CRM qui semblent plus que difficiles à identifier...
Microsoft Business Solutions reste sur un mode de vente à 100 % indirect. A la quantité, l'éditeur préfère aujourd'hui miser sur la qualité des partenaires. Pour l'ensemble de son offre, MBS compte cent partenaires actifs, cent cinquante sont prévus à l'horizon du mois de juin 2005. Les partenaires doivent se prévaloir de compétences autour de l'offre MBS mais également d'une force de vente propre. Quant aux appels entrants, une matrice de compétences détermine l'intégrateur le plus approprié selon les critères objectifs de région, de métier ou secteur d'activité et selon la première fonction demandée par le client. Les partenaires ont en charge l'implémentation des solutions Microsoft (intégration technique et fonctionnelle, développements connexes et/ou verticaux), étendue à la gestion du projet, la conduite du changement, la formation, l'après vente et le support. Ajoutant à son arc les différentes compétences de ses partenaires, Microsoft Business Solutions peut prétendre à la couverture de secteurs tels que : l'automobile, le commerce de gros et de détail, le transport et la logistique, la construction et le BTP, la pharmacie et parapharmacie, les fournisseurs de la grande distribution, ou encore le secteur agro-alimentaire. A en croire les promesses de développement du marché des ERP et le positionnement idéal de Navision sur le segment le plus porteur (entreprise de 100 à 300 salariés) tout est réuni pour que l'année 2005 voit l'éditeur percer sur un marché où il a encore à faire ses preuves : rejet subjectif de certains clients, manque de crédibilité de l'éditeur sur le domaine des applications de gestion, instabilité chronique… Mais ce ne serait pas la première fois que Microsoft conquiert un marché sur lequel il fait figure de débutant ou d'offre marginale, comme en d'autres temps et en d'autres lieux avec SQL Server. Après avoir envahi le poste de travail, Microsoft pourrait bien envahir le système d'information d'autant que qu'il s'appuie sur un ERP connu et reconnu : Navision, auquel il a offert une cure de jouvence. Vendredi 04 Février 2005
Barbara Poirette
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